2009 Lost Memories
Harbin, Chine, 9 heures le 26 octobre 1909. Une tentative d’assassinat contre un officier japonais est déjouée mais le cours de l’Histoire se trouve dès lors totalement modifié.

2009, au Centre Ito, de nos jours à Séoul.
Un mouvement de libération nationale de la Corée composé des redoutables terroristes « Hureisenjins » prend en otage tout un groupe de visiteurs dans une galerie d’exposition de la Fondation « Inoue ». Le JBI (Japanese Bureau of Investigation) dépêche 8 équipes des Forces Spéciales pour stopper au plus vite ce qui s’avère être un carnage. Nombreux sont les tués parmi les otages, les policiers et les terroristes qui sont tous éliminés. Sakamoto, d’origine coréenne et son meilleur ami Saigo le Japonais, sont chargés de l'enquête mais ne comprennent pas les motivations des terroristes. Alors qu’ils s’approchent de la vérité, Sakamoto est victime d’une machination. Il est associé au groupe terroriste et son ami Saigo se dresse contre lui. Leur confrontation sera d’une brutalité inouïe.
A la manière des films de John Woo, nous assistons à une affaire d’hommes. Les deux héros vont s’affronter dans un déluge de violence, comme dans « Volte-Face » ou encore « Broken Arrow ». Leurs deux idéaux totalement opposés mais paradoxalement aussi louables pour l’un comme pour l’autre vont en faire des adversaires féroces où tous les coups seront permis. Nombreux sont les clins d’œil à John Woo, notamment la scène d’ouverture avec la prise d’assaut du bâtiment par les forces de l’ordre abritant les preneurs d’otages.. Beaucoup de ralentis, parfois un peu trop longuets (n’est pas John qui veut), et des scènes d’action du même acabit que celles du réalisateur devenu maintenant américain… Les comédiens se sont d’ailleurs entraînés physiquement pour être à la hauteur de leurs personnages et on est en droit de se demander si le cinéma coréen ne veut pas concurrencer Hollywood ! Il est vrai que les moyens sont très considérables, et ne sont pas du tout au détriment d’un scénario maigrichon. Donc pas d’inquiétude à avoir. Autre clin d’œil, celui à John Carpenter, avec l’arrivée en aile volante des terroristes sur le toit de l’immeuble. Du pur « New York 1997 » !

Il est clair que maintenant les asiatiques dominent totalement leur sujet, et que leurs films sont de plus en plus conséquents, avec des scénarii construits, des scènes spectaculaires qui les rapprochent de plus en plus des meilleurs « blockbusters » américains, grâce aussi à une réalisation de qualité. Cependant, le film est assez long, plus de deux heures, et certaines scènes lourdes auraient pu être évitées, notamment celles sentimentales (avec l'enfant par exemple). Quelques incohérences temporelles se constatent également et je ne peux vous les dévoiler au risque de casser l’énigme, mais avec un peu d’attention, vous les relèverez facilement.

Le film évite aussi le schéma politique pro-coréen qui aurait été bien malvenu. Après tout c’est vrai qu’il fallait un camp « gentil » et un autre « méchant » dans le film mais comme dit précédemment, le réalisateur a évité l'écueil d’opposer deux héros à la philosophie manichéenne. La cause de chacun d’eux est estimable même si on a tendance à prendre position pour le fugitif victime du complot mais il n’y pas réellement de gentil ou de méchant car suivant la position où l’on se place, leur logique se révèle valable. Plus globalement, quand l’histoire débute à Séoul, les résidents parlent tous japonais et non coréen du fait de ce fameux « assassinat raté » datant de 1909. Ce n’est pas une critique acerbe contre le Japon, mais tout simplement une histoire fictive. Il serait très facile de casser le film en prétextant que son réalisateur a voulu rechercher à ternir habilement l’image du Japon, mais lorsque l’on regarde la fin du film, tout est remis en question et on ne peut pas le certifier.

Au final, il nous est donné de voir un excellent film commercial mêlant habilement intrigue, suspens, action, et fantastique. Sûrement l’un des meilleurs films coréens disponible sur le marché en France, et qui étonne par son absence dans les salles obscures. Il a reçu tout de même le prix du public dans la catégorie « Inédits Vidéos » au festival fantastique de Gérardmer (Fantastic’arts 2003).











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